Penser l'éclairage en fonction des situations de travail est essentiel pour garantir la sécurité du travail et de la circulation mais aussi le confort visuel du salarié au travail.
Objectifs
L'utilisation d'un éclairage bien conçu permet :
- d'éviter une détérioration de la vue et les fatigues intempestives que pourrait causer un travail prolongé dans des conditions d'éclairages mal adaptées,
- de prévenir les risques d'accidents occasionnés par une perception visuelle dégradée de l'environnement.
Cadre réglementaire
Les bâtiments doivent être conçus et disposés de telle façon que la lumière naturelle puisse être utilisée pour l'éclairage des locaux affectés au travail, sauf dans les cas où la nature technique des activités s'y oppose.
Articles R 235-2 du Code du travail.
Ces locaux doivent également comporter à hauteur des yeux des baies transparentes donnant sur l'extérieur (ainsi la seule mise en place d’un éclairage naturel par le plafond est insuffisante).
Ces dispositions ne sont pas applicables :
- aux opérations de construction ou d'aménagement de bâtiments pour lesquelles la demande de permis de construire est antérieure au 1er janvier 1993,
- aux opérations ne nécessitant pas de permis de construire, lorsque le début des travaux est antérieur au 1er janvier 1993.
Articles R 235-2-1 du Code du travail
Valeurs minimales pour les locaux de travail
Les niveaux d'éclairement mesurés au plan de travail ou, à défaut, au sol, doivent être au moins égaux aux valeurs indiquées dans le tableau ci-après :
| Types de locaux |
Eclairement minimal (lux) |
| Voies de circulation intérieures |
40 |
| Escaliers et entrepôts |
60 |
| Locaux de travail, vestiaires, sanitaires |
120 |
| Locaux aveugles affectés à un travail permanent |
200 |
| Zones et voies de circulation extérieures |
10 |
| Espaces extérieurs où sont effectués des travaux à caractère permanent |
40 |
Articles R 232-7-2 du Code du travail.
En éclairage artificiel, le rapport des niveaux d'éclairement, dans un même local, entre celui de la zone de travail et l'éclairement général doit être compris entre 1 et 5 ; il en est de même pour le rapport des niveaux d'éclairement entre les locaux contigus en communication.
Articles R 232-7-3 du Code du travail.
Les organes de commande d'éclairage doivent être d'accès facile. Dans les locaux aveugles, ils doivent être munis de voyants lumineux.
Articles R 232-7-7 du Code du travail.
Lettre circulaire DRT n° 90-11 du 28 juin 1990 relatif à l’application des articles R 235-2 et R 235-3 du Code du travail.
Valeurs minimales aux postes de travail
En règle générale, une première distinction est faite entre les travaux demandant une précision visuelle et ceux qui ne l'exigent pas.
Les mesures au poste de travail se font de deux manières :
- mesure de la lumière reçue au poste de travail par un luxmètre
- mesure de la lumière émise (luminance) par un luminancemètre.
Un éclairage normal se situe entre 300 et 500 lux. Pour les travaux de précision, un éclairage particulier (entre 700 et 1000 lux) peut être apporté par la présence de luminaires complémentaires (solution souvent la plus économique). La circulaire du 11 avril 1984 précise des valeurs minimales d'éclairement au poste de travail :
|
Eclairement minimal (lux) |
|
| Mécanique moyenne, dactylographie, travaux de bureau |
200 |
|
| Travail sur petites pièces, bureau de dessin |
300 |
|
| Mécanique fine, gravure, comparaison de couleurs, industrie de vêtement |
400 |
|
| Mécanique de précision, électronique fine, contrôles divers |
600 |
|
| Tâche difficile dans l’industrie ou les laboratoires |
8000 |
Circulaire du 11 avril 1984 relatif à l’éclairage des lieux de travail, JO du 11 mai 1984.
Vous pouvez installer deux éclairages latéraux pour éviter toute zone d’ombre sur un poste de travail et éviter les éblouissements et les contrastes élevés par une disposition adéquate des postes de travail et une répartition adaptée des luminaires dans l’espace.
Pour réaliser des économies d'énergie (gain potentiel jusqu’à 50 %) vous pouvez enlever les poussières et les ampoules usagées
Normes
Les normes n'ont pas de valeur réglementaire mais elles constituent des données de référence pour les bonnes pratiques dans différents domaines.
On peut citer notamment :
- la norme NF X 35-103 "Ergonomie - Principes d'ergonomie visuelle applicables à l'éclairage des lieux de travail" ;
- la norme NF EN 1837 "Sécurité des machines - Éclairage intégré aux machines" (donne les caractéristiques des systèmes d'éclairage intégrés aux machines fixes ou mobiles) ;
- la norme NF EN ISO 9241-6 « Exigences ergonomiques pour travail de bureau avec terminaux à écrans de visualisation (TEV) » - Partie 6 : guide général relatif à l'environnement de travail.